L'extrêmisme réactionnaire, qu'il soit politique ou religieux, s'affiche sous un nouveau jour. Profitant et détournant le débat sur le "mariage pour tous", elle est de plus en plus décomplexée. Les angues se délient, les propos se durcissent et les actions violentes se multiplient...Le tout accompagné du mutisme complice de la droite !
Cette page a comme unique but de dénoncer les agissements de cette droite extrême...pour que personne ne puisse dire qu'il ne savait pas !!!!
Ambiance explosive ce jeudi au tribunal de Lyon. Le procès d’un ancien cadre des Jeunesses nationalistes accusé d’avoir agressé « Toto », un militant antifasciste connu, s’est terminé par une charge des amis de Gabriac.
Les faits en question remontent à il y a quasiment un an, à la Croix-Rousse. Ce jour-là, le 16 décembre 2012, au petit matin, Salvatore, mieux connu dans le quartier et dans les milieux antifascistes comme « Toto », sort de chez lui. Il est 6h30 et deux personnes l’attendent, lui demandent s’ils peuvent lui parler avant de le rouer à coup de batte de base-ball et avec la béquille de « Toto », selon le récit fait par la victime. Puis une troisième personne sort de la voiture, les rejoint, avant que les trois agresseurs prennent la fuite en voiture. Devant la police, « Toto » parle de personnes de type « skinheads », l’un d’eux ayant un tatouage de croix gammée dans le cou. La victime écopera de 10 jours d’ITT (incapacité totale de travail).
Gabriac et ses nationalistes dans la salle d’audience
Parmi les trois agresseurs, seul un a été formellement reconnu par « Toto ». Il s’agit de Jonathan Colombet, ex-trésorier des Jeunesses nationalistes, dissoutes en juillet dernier par le ministère de l’Intérieur. Le groupuscule d’extrême droite a été fondé par Alexandre Gabriac, conseiller régional élu sous l’étiquette FN avant d’en être exclu pour des photos le montrant faisant des saluts nazis.
Le leader médiatique a d’ailleurs fait le déplacement ce jeudi pour venir soutenir son ami, accompagné d’une dizaine de personnes. Pourtant, les membres des Jeunesses nationalistes ont maintenant interdiction de se regrouper, sous peine de poursuites pour « reconstitution de ligue dissoute ».
Quant à Jonathan Colombet, à tout juste 21 ans, son casier judiciaire est vierge. Il a toutefois été interpellé en juillet 2012 pour avoir participé à une action coup de poing sur le toit de la gare Part-Dieu.
Lors des suspensions d’audience, les forces de l’ordre ont entouré Jonathan Colombet, Alexandre Gabriac et leurs amis. ©Leïla Piazza/Rue89Lyon
Antifascistes de l’autre côté
De l’autre côté de la salle, se sont rassemblés une trentaine de militants antifascistes qui sont venus soutenir la victime de l’agression. Il faut dire que « Toto » non plus n’est pas tout à fait un anonyme. C’est une figure de la Croix-Rousse militante, comme le rappelle son avocate Emilie Bonvarlet :
« Il est extrêmement connu pour ses activités militantes, que ce soit en France ou en Italie »
Salvatore a en effet fait partie des Brigades rouges en Italie dans les années 1970-80. Il raconte :
« J’ai été arrêté en 1980, j’ai fait quatre ans de prison. J’ai été torturé, j’en porte encore les séquelles aujourd’hui. Et puis j’ai réussi à partir vers la France où j’ai obtenu le statut de réfugié politique. C’est à ce moment là que j’ai déposé les armes. »
Il est aujourd’hui dans un état de santé précaire, hémiplégique du coté gauche notamment :
« Je suis handicapé à 80%. C’est lâche d’agresser un handicapé. »
Si, comme il l’affirme, « aujourd’hui ma seule arme c’est ma carte électorale », « Toto » n’a pas pour autant stoppé ses activités militantes antifascistes.
« Toto » à la sortie du tribunal. ©Leïla Piazza/Rue89Lyon
Evacuation de la salle
L’ambiance était donc électrique entre les deux camps. Les soutiens se sont pressés autour de « Toto ». Du coup, la dizaine de proches de Jonathan Colombet, dont Alexandre Gabriac, en étaient rendus à se tenir debout à l’arrière de la petite salle bondée de monde. Une dizaine de policiers ont alors été déployés pour prévenir tout incident et ont fait évacuer de la salle les personnes restées debout, quelques minutes avant le début de l’affaire concernant les deux protagonistes.
L’avocat du militant nationaliste, outré de la situation, a alors rappelé l’impératif de « procès équitable » :
« J’observe que la salle est entièrement remplie de soutiens de « Toto » alors que les soutiens de mon client se sont vus retirer de la salle. »
Gabriac et ses amis ont alors pu à nouveau rentrer dans la salle, le président les appelant à « observer la sérénité des débats ».
Charge des nationalistes
De sérénité, il n’en a pas été question lors de la sortie de l’audience. Cela a commencé par des échanges d’insultes. Premiers à sortir, les soutiens de « Toto » l’ont alors entouré pour le raccompagner. Se dirigeant vers la place Guichard, en face du tribunal, ils ont rapidement été rejoints Alexandre Gabriac et ses amis. Ces derniers ont alors chargé le groupe entourant « Toto » en entonnant les classiques slogans nationalistes – « Antifa ah ah ah », « bleu blanc rouge, la France aux Français ».
Le policiers les ont stoppés en sortant notamment les matraques. L’action provoc’ a été en partie filmée par un nationaliste et fièrement diffusée sur le Facebook d’Alexandre Gabriac.
« Le tribunal ne tiendra pas compte des idées politiques »
Si à l’intérieur ou à l’extérieur du tribunal, la dimension politique de l’affrontement était claire, à l’intérieur, le procureur a balayé le caractère potentiellement politique de cette agression, reprenant en cela un argument de la défense. Il a affirmé :
« Il s’agit d’un dossier d’agression qui sera traité comme un autre dossier d’agression. Le tribunal ne tiendra pas compte des mobiles ou des idées politiques. »
Avant d’ajouter :
« Dans les deux camps, ce sont des idées extrémistes et violentes. »
L’avocate de « Toto » s’est évidemment opposée à ce genre de lecture. Pour Emilie Bonvarlet, il n’y a pas de doutes :
« C’est quelqu’un qui a été visé pour ses appartenances politiques. »
D’ailleurs, l’avocate n’hésite pas à critiquer la position du ministère public :
« Le parquet n’est pas à la hauteur. Il nie le caractère politique, l’agression en réunion et l’état de vulnérabilité de mon client. C’est nier qu’on est ici dans une affaire publique. Le parquet se désintéresse de ce type d’affaires. Il n’a pas la volonté de lutter contre l’extrême droite. »
Surtout que, rappelle-t-elle, cette agression s’inscrit dans un contexte local particulier. En effet, depuis 2010, le collectif de vigilance 69 contre l’extrême droite a recensé quelque 40 agressions liées à l’extrême droite dans l’agglomération lyonnaise. Ne serait-ce qu’à la Croix-Rousse, nouveau quartier prisé par les groupuscules d’extrême droite, le collectif a compté dix faits significatifs entre décembre 2012 et juin 2013.
« Une simple chute »
L’avocat de la défense, Pierre-Marie Bonneau, l’avocat habituel des nationalistes venu de Toulouse, a fait en sorte que son client soit jugé comme « n’importe quel suspect ». Suspect qui nie les faits.
Mais il ne s’est pas gêné pour glisser sur un terrain plus politique :
« Il (son client, ndlr) est connu comme membre des mouvements nationalistes. Il le reconnaît et en est fier. Et j’avoue avoir une certaine fierté à le défendre. »
Après avoir tenté d’expliquer que les blessures de « Toto » pouvaient être liées à une simple chute, il accuse « Toto » de manipulation :
« Toto déteste Colombet car il est membre des mouvements nationalistes. Il est porteur d’un idéal. Toto appartient au passé. Eux sont tournés vers l’avenir. »
Le procureur de la République a requis ce jeudi un mois de prison avec sursis, 150 euros d’amende et 5 ans d’interdiction de port d’arme contre l’accusé, à la grande déception de la partie civile. Le président du tribunal a mis son jugement en délibéré au 2 janvier.
Vidéo postée sur la page Facebook d'Alexandre Gabriac
DIEUDONNÉ
paru dans CQFD n°116 (novembre 2013), par
mis en ligne le 17/12/2013 - commentaires
MDR. Dire qu’il y a des gens qui croient encore que Dieudonné est un comique, le « meilleur de sa génération » même, dont la provocation de trop lui vaut d’être ostracisé depuis une dizaine d’années aux marges du showbiz. Mais comment ne pas voir derrière ses mimiques l’expression achevée d’une dérive antisémite et homophobe [1] ?
Tout compte fait, Dieudo n’aura eu besoin de personne pour s’enfoncer dans son enfermement mental d’antisémite obsessionnel. Depuis 2004, il a eu néanmoins recours aux services de quelques éminences grises, refoulées hors du débat public, qui l’ont aiguillé vers l’irrémédiable : Serge Thion, ancien militant anticolonialiste passé à l’écurie négationniste [2], puis Robert Faurisson lui-même que Dieudonné fit monter sur scène et jouer dans ses sketches ; et bien sûr son mentor : Alain Soral, ancien ramasse-miettes des plateaux télé et écrivain ambitionnant le statut d’intellectuel, devenu gourou du site Égalité et réconciliation, qui, se réclamant de la « droite des valeurs et de la gauche du travail », n’en oublie pas moins sa particule pour animer des conférences de l’Action française. Ultime mauvaise fréquentation, cet été, Dieudo a pu pactiser avec Serge Ayoub, chef des nationalistes révolutionnaires, autour du cadavre de Clément Méric en concluant, rictus aux lèvres : « Nous avons un même ennemi. » Même pour des admirateurs un peu myopes, il est devenu impossible de ne pas constater que, sur la photo de famille, il n’y a que des fachos, des conspis et autres amoureux de régimes autoritaires – la Libye de feu-Khadafi, la Syrie de Bachar (dont l’ex-gudard Frédéric Chatillon est l’ambassadeur officieux) ou la Russie de Poutine [3]…
De façon incompréhensible, Dieudonné passe encore parfois chez certains pour un militant antiraciste, un justicier de la traite négrière, un défenseur de la cause palestinienne… Illusion calamiteuse propre à notre époque de confusion, où la critique sociale se voit souvent réduite à un discours binaire anti-impérialiste, contre l’oligarchie financière mondialiste, discours simplifié et dévoyé à son tour par Dieudo et consorts sous l’appellation d’« antisionisme ». Il s’agit en l’espèce du recyclage pur et simple des vieilles obsessions du complot judéo-maçonnique, sataniste et pédophile sur les bords. Malgré le tour de passe-passe consistant à faire passer pour révolutionnaire une pensée paranoïaque et réactionnaire, il n’y a aucun mystère sur cette filiation idéologique, comme en atteste la propagande diffusée par les éditions Kontre-kulture de Soral : Ils sont bien les héritiers de l’abbé Barruel, d’Édouard Drumont et d’Henry Coston [4].
Pour prendre la mesure de la duplicité de Dieudonné, il faut visionner son intervention sur la chaîne francophone iranienne Sahar TV en 2011, où il évoque pieusement Ahmadinejad, le prophète Mohammed, l’exemplarité de la révolution iranienne, le Christ « prophète de l’Islam », le « Malin » (=le sionisme) et déplore qu’en Occident « la religion [ait été] remplacée par les valeurs du sionisme » sous l’influence notamment des manuels scolaires puisque « Fernand Nathan était un sioniste (sic) » ! Cet examen de passage, où l’on sent le « combattant de l’humour » – comme il se nomme lui-même – légèrement tendu et confus, s’inscrivait dans un contexte de recherche de financements pour ses films. Car, faute d’être financé par Babylone, Hollywood ou Jérusalem, le métier d’artiste est âpre sans pognon, il lui fallait donc en chercher à Téhéran, chez les meilleurs ennemis de ses ennemis. Soral lui-même, à force de s’étaler sur le web, a involontairement contribué à faire enfler le bruit d’une subvention iranienne de trois millions d’euros perçue par la liste antisioniste lors des élections de 2009, que d’anciens colistiers lui reprochent aujourd’hui d’avoir tout simplement détournée [5].
Mais si l’ambiguïté sur le personnage persiste, cela est surtout dû à sa capacité, reliquat d’un savoir-faire de saltimbanque et de vedettariat, à mettre les ricaneurs de son côté. Pointer le doigt en l’air en plissant les yeux (« Au-dessus c’est le soleil ! ») ou faire le geste de la quenelle suffit à faire croire à son fan-club – constitué de quantité de nerds, d’authentiques nazebroques, mais aussi d’un public arabe et noir [6] qui pense voir en Dieudonné et Soral des alliés antiracistes, là où il n’a que des rabatteurs pour le Front national – que s’accomplit un geste séditieux.
À l’heure où Dieudonné s’apprête à faire crouler de rire les zéniths de France, des avalanches de quenelles déferlent sur le Net. On peut croire que pour beaucoup, il ne s’agisse jusque là que d’une forme de pied-de-nez potache sans réel sous-entendu : on « glisse » des quenelles sur Facebook entre collègues de bureau, dans les vestiaires du commissariat, en patrouille de chasseurs-alpins devant une synagogue, chez les sportifs de haut niveau (Yannick Noah, Teddy Riner, Tony Parker), même chez les jeunes Umpistes ou en posant avec une vedette politique tout en faisant le geste à son insu pour se moquer d’elle. Pour d’autres en revanche, c’est un geste chargé d’un message authentique contre l’oligarchie, comme le chante une certaine Mérée Drante sur l’air de La Bohème de Charles Aznavour : « Se payer des élites, plus elles sont connues, plus les bras sont tendus […] On n’a plus peur de rien du tout. » Surtout pas de la honte ni du ridicule…
Le rappeur « muslim » Médine est une des récentes « vedettes » en date à s’être livré à cette pitrerie sur sa page Facebook. Suivi de près par le suprématiste blanc norvégien Varg Vikernes le jour de sa comparution au tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Peu avant, Gollnish et Jean-Marie Le Pen, hilares, mimaient ce geste « antisystème » à Strasbourg aux côtés de jeunes « issus de la diversité ». Une belle brochette de rigolos, en vérité ! De même, cela ne gêne pas nos apprentis dissidents de voir Soral déblatérer ses commentaires politiques sur Youtube vêtu d’un polo de l’administration pénitentiaire, de la police ou du Raid que lui ont envoyé ses admirateurs au sein des corps coercitifs ; de même quand Dieudonné, sûr de ses soutiens dans l’armée et la police, en appelle – pour rire bien sûr – à l’éventualité d’une « révolution par la quenelle », il reproduit dans la farce le vieux rêve des fanatiques de l’ordre, à savoir renverser martialement la démocratie décadente.
Photo de famille datant de 2006 où l’on peut reconnaître entre autres : Alain Soral, Bruno Gollnish, Dominique Joly et Frédéric Chatillon (deux anciens du GUD), Jany Le Pen et Dieudonné. (Sources :reflexes.samizdat)
Dernier fait d’arme, lors de l’audience du 17 octobre du TGI de Paris, où le « combattant de l’humour » se voit poursuivi par la Licra (étonnant, non ?) pour sa subtile chanson « potache », « Shoah ananas », une centaine de ses partisans entonnent une Marseillaise tonitruante face à une poignée d’excités de la Ligue de défense juive, groupuscule sioniste d’extrême droite violent, rebaptisé par Dieudonné sur son site « ligue des forces d’occupation ». Chapeau bas et garde-à-vous !
Au final, ce qu’il y a d’affligeant et de nuisible dans le cas Dieudonné, ce n’est pas tant qu’il soit devenu ce qu’il est, mais le fait que sa posture de comique maudit, assez lucrative par ailleurs [7], puisse passer pour une révolte dissidente contre l’organisation actuelle du monde alors qu’il ne contribue qu’à la renforcer par le discrédit antisémite. :-[
Notes
[1] « Le mariage gay est un complot sioniste », déclarait-il en avril 2013, lors d’un déplacement en Algérie. Son navet infâme L’Antisémite et sa nouvelle pièce Le mariage pour tous appuient lourdement sur cette lubie.
[2] Serge Thion participait au site Lesogres.org fondé par l’humoriste en 2004 et disparu depuis.
[3] Sur les réseaux dieudonnistes, lire Jean-Paul Gautier, Michel Briganti et André Déchot, La Galaxie Dieudonné : Pour en finir avec les impostures, Syllepse, 2011.
[4] L’abbé Barruel (1740-1820) était un jésuite contre-révolutionnaire qui imputait les causes de la Révolution française à un complot franc-maçon et illuminati. Drumont (1844-1917) était un polémiste, surnommé l’Ogre, qui connut un grand succès avec son pamphlet La France juive en 1885. Son continuateur, Henry Coston (1910-2001), fur vice-président de l’Association des journalistes antijuifs sous Vichy.
[5] Sur cette ténébreuse affaire, voir « Alain Soral et le « butin de guerre » de la liste antisioniste », et aussi de Jean-Baptiste Bernard, « Petit idéologue et grand épicier », Article 11, novembre 2013.
[6] On ne peut pas, hélas, négliger le sentiment antijuif qui circule et s’exacerbe à chaque fois que l’État d’Israël bafoue les droits des Palestiniens. Les « antisionistes » du type de Dieudonné portent une lourde responsabilité en encourageant l’amalgame, responsabilité partagée en partie du moins par les sionistes du type Crif qui font barrage à toute critique vis-à-vis de la politique israélienne.
[7] Fin 2012, Dieudo, tracassé en raison de quelques étourderies fiscales, a réussi à lever une souscription personnelle d’un montant de 600 000 euros. Sur l’aspect vénal du loustic, voir « Dieudonné - Antisémite et réalités » dans les Dossiers du Canard – Les nouveaux réacs, n°129, octobre 2013.
Des militantes agressées par l'extrême droite
Manif pour Tous à Montpellier, 15 décembre : pendant que les enfants manifestent, l’extrême-droite tabasse.
Dimanche 15 décembre, quelques centaines de personnes ont défilé boulevard du Jeu de Paume sous la bannière de la Manif pour Tous, contre
la récente loi dite du mariage pour tou-te-s. Face à cet appel, quinze militant-e-s de défense des droits LGBTI se sont posté-e-s au premier étage du parking Laissac et ont suspendu des banderoles au moment du passage du cortège.
Quelques minutes à peine après le début de l’action, les militant-e-s ont été violemment agressé-e-s par six à huit hommes accompagnés d’un chien et armés de poing américains, de barres de fer, de chaînes et de nunchaku. La possession de telles armes prouve la préméditation de
l’agression commise ; certains de ces hommes, membres du groupe d’extrême-droite la Ligue du Midi, ont d’ailleurs déjà été condamnés pour des actes similaires.
Les agresseurs ont pris leurs cibles par surprise, les frappant alors qu’elles étaient de dos – l’un d’eux prétendant être de la police. Ils n’ont pas hésité à viser directement la tête et à pousser les militant-e-s contre la barrière du parking, au risque de les faire tomber dans le vide. Ils ont ensuite pris la fuite en volant du matériel (mégaphone et banderoles), sans être interpellés par la police pourtant présente à la sortie du parking. Une vidéo filmée par les militant-e-s montre d’ailleurs les agents de police montant sans se presser dans le parking alors que l’agression a commencé ; ils mettront plus d’une minute à rejoindre les lieux.
Neuf personnes ont été blessées. Conduit-e-s à l’hôpital, quatre militant-e-s en sont sorti-e-s avec attelle, points de suture et jours d’ITT.
Au même moment, une cinquantaine de militant-e-s de défense des droits LGBTI étaient réuni-e-s en contre-rassemblement sur la place de la
Comédie. Peu après, illes ont été encerclé-e-s par la police, qui a arrêté un mineur soupçonné… d’avoir jeté un œuf.
Les militant-e-s agressé-e-s dénoncent la répression différenciée d’agents de police qui, d’un côté, laissent s’échapper une bande organisée d’hommes facilement repérables puisque armés, accompagnés d’un chien et en possession de matériel volé, venant d’agresser avec préméditation quinze personnes ; et de l’autre arrêtent un adolescent de 15 ans en possession d’un œuf.
Illes s’insurgent également contre la violence de l’assaut subi, qui s’inscrit en cohérence avec les idées homophobes et fascisantes portées par la Manif pour Tous. La vidéo filmée prouve que les violences commises étaient visibles de la rue, et que les participant-e-s à la Manif pour Tous ont affiché leur joie à la vue du visage ensanglanté d’un militant, montrant ainsi leur soutien avec ce déferlement de haine.
Insultes sexistes et racistes, menaces physiques, appel au viol… Des cyber-activistes d’extrême droite se déchaînent sur la toile contre une jeune militante du Parti de gauche, coupable d’avoir raconté sur Twitter sa participation à la manifestation organisée à Marseille contre l’université du Front national, samedi.
La violence et la haine envahissent dangereusement les réseaux sociaux. C’est devenu banal de le dire.
Pourtant, je n’ai pas l’impression qu’on prenne pleinement la mesure du fumet sorti des égouts qu’exhale de plus en plus la toile à mesure qu’enflent les intentions de vote en faveur du Front national de Marine Le Pen.
Si l’on n’y remédie pas, notamment en appliquant aux infractions et aux délits les plus flagrants les lois qui encadrent la liberté de la presse, il est plus que probable que des esprits simples (le web en attire beaucoup), chauffés par des excités, passent à l’acte.
Présent sur le plateau de LCI au moment de l’annonce de la mort de Clément Méric, j’avais dit à chaud ne pas être surpris par l’agression violente de ce jeune militant, ayant constaté depuis plusieurs mois, sur le net, une montée de la violence verbale des militants et sympathisants d’extrême droite à l’encontre de tous leurs contradicteurs.
La haine déversée sur une jeune militante du Parti de gauche, et quelques uns de ses soutiens, depuis ce week-end par quelques cyber-activistes qui se revendiquent de cette mouvance en est une nouvelle illustration. Et elle est édifiante. Le fascisme le plus bestial, avec son lot de menaces, de propos orduriers, racistes, mais en l’espèce aussi particulièrement sexistes, s’exprime désormais sans retenue.
Le prétexte à cette attaque aura été la manifestation organisée à Marseille contre la tenue dans cette ville de l’université d’été du FN. Quelques 8.000 personnes ont défilé du Vieux-Port à la place Castellane, à l’appel du collectif Marseille contre l’extrême droite, qui regroupe une quarantaine d’organisations. Dans le cortège, Julie Del Papa rend compte de l’ambiance sur Twitter, s’attirant de premières répliques de twittos nationalistes auxquelles elle répond parfois.
Assez vite à court d’arguments un certain @olbag, qui reconnaît avoir « l’intelligence de Nabilla », propose à la jeune femme de « l’enculer », suggestion reprise par @DTsumeo à la suite duquel@Fortesque18 suggère de la « flooder » (traduction française = envoyer une grande quantité de données aussi inutiles que malveillantes).
Pour ceux qui l’ignorent, le GHB ou acide gamma hydro butyrique est le nom scientifique de la drogue du viol. L’incitation au viol est explicite. Et l’appel au « flood » entendu.
Voici une sélection de captures d’écran (impossible de toutes les produire) des écrits (si l’on peut dire) de ce club de poètes :
Attention, âmes sensibles s’abstenir !
Je vous avais prévenu, ces messieurs ont quelques obsessions lourdingues... Et des difficultés à manier l’orthographe de la langue française.
Quand Julie Del Papa a protesté, alerté ses camarades, suscitant de très nombreux tweets de soutien, et annoncé qu’elle déposait plainte [1], les trolls ont continué de plus belle, non sans prétexter que tout cela n’était que de l’humour. Extraits :




A ces menaces de viol, sont venus s’ajouter des tweets plus précis, laissant entendre que leurs auteurs savaient très bien où cette jeune militante habitait. Un certain @19constitution lui conseille ainsi de bien regarder où elle met les pieds, avignon étant « une petite ville ». Un autre n’a pas hésité à balancer l’adresse et le téléphone d’un bloggeur, Nathanaël Uhl, qui, dans un billet titré Encore un week-end ordinaire à facholand, avait pris la défense de Julie Del Papa.
Dans leurs délires, ces fanatiques imaginent déjà déporter leurs opposants...


...jusqu’au bout de l’enfer. A Auschwitz même !!

Notez que la deuxième « salope » visée dans ce tweet, Sophia Hocini, a eu le tort de s’opposer à la meute lâchée sur Julie Del Papa, sur twitter et sur son blog. Ce qui lui vaut d’être également harcelée.
D’abord de courageux anonymes qui se planquent derrière leur clavier. Et quand on essaie d’en savoir plus, on note que
@Merkava_83, dont le compte est protégé (cela renforce l’anonymat), se présente sur son profil comme un Anti-UMPS-Radical et se flatte d’être suivi par Marine Le Pen.
@olbag, qui crie à la diffamation quand il est qualifié de « facho », a fêté en juillet l’anniversaire de... Mussolini.
@Corlugdunum, qui sur son profil appelle à la Reconquista sur la reproduction d’un tableau représentant Charles Martel, est un fan de Marine Le Pen.
- @WalterKruger88 avec qui il était en relation sur le réseau avait pour avatar la photo d’un officier SS ; j’écris « avait » car ce compte semble avoir été fermé.
@ElConnardo, autre relation de @CorLugdunum, déclare que ses « tweets n’engagent qu’Adolf Hitler »...
Etc.
Si cela vous dit de plonger dans ce bestiaire, vous pouvez continuer les recherches... Vous y trouverez confirmation que la France bleu marine dont on nous vante un peu trop la dédiabolisation-normalisation tire fortement vers le brun.
P.-S.
En terminant ce billet, je découvre que le Parti de gauche vient de publier un communiqué demandant que« les menaces de mort et de viol contre Julie Del Papa [soient] sanctionnées ». Vous pouvez le lire ici.
Vos commentaires sont les bienvenus, mais l’anonymat y est prohibé.
Notes
[1] Son commissariat n’a voulu retenir qu’une main courante.

Photo prise le vendredi 12 avril 2013 dans le vieux Lyon (à droite en chemise blanche, on peut reconnaître Alexandre Gabriac, conseiller régional et ancien membre du FN)
/image%2F0564544%2F20140521%2Fob_db1e7d_images.jpeg)
