Je prends acte de la décision d’Alain LE VERN.
Sous sa direction, on ne peut nier les progrès enregistrés pendant ses 2 premiers mandats dans de nombreux domaines touchant le quotidien des hauts-normands. On ne peut passer sous silence son investissement total à la tête de la Région. Son départ précipité résulte aussi et sûrement d’une usure aussi bien physique que psychologique.
Mais, à moins d’être aveugle, il est évident que l’arrière-plan de sa déclaration d’hier est éminemment politique.
Observant Alain LE VERN depuis longtemps, je sais que l’homme n’est pas du genre à quitter le navire en pleine tourmente, à refuser le débat nécessaire.
Je vois donc aussi dans sa décision le résultat de la critique persistante et quasi unanime sur sa façon de diriger la Région, où le travail collectif, la confiance envers sa majorité et ses services avaient laissé place à une forme d’autocratie.
Il faut ajouter à cela, qu’au nom d’une prétendue bonne gestion, l’initiative, le dynamisme contre la crise, pour l’emploi et la formation, notamment, ont tiédi au point de faire reculer notre région dans de nombreux classements nationaux.
Enfin, celui qui n’acceptait plus la critique aura fini par écarter arbitrairement des élus du Front de Gauche et même de son propre parti, au nom du silence exigé dans les rangs.
Son départ est un fait politique à analyser la tête froide.
Il faudra être attentif, à l’aune des municipales, aux pages « du nouveau livre » qu’il souhaite écrire. Le 14 octobre prochain, nous élirons probablement un nouveau Président à qui nous disons notre disponibilité, s’il veut défendre le territoire face à la récession.
S’il veut répondre à l’attente des jeunes sans formation.
S’il veut résister à la métropolisation institutionnelle, captant la totalité des rares ressources nouvelles libérées par l’Etat, au détriment des autres collectivités.
S’il veut contractualiser avec les autres collectivités, au service d’un aménagement du territoire équilibré.
S’il veut travailler avec les autres régions plutôt que favoriser la concurrence entre elles.
S’il veut reconsidérer le management de son prédécesseur et s’appuyer sur un personnel dévoué et une majorité, force de propositions.
A la Région comme ailleurs, les élus du Front de Gauche sont disponibles pour le meilleur et dans l’unité la plus large.
Article à retrouver sur le blog de Noël Levillain.
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