"Si vous étiez à Part-Dieu vers 14h40 aujourd’hui vous auriez pu avoir
l’horreur d’assister aux déchaînements racistes des plus honteux des
plus à droites de nos « concitoyens ». J’avais déjà remarqué une
présence louche type béret, Rangers et t-shirt Lonsdale dans le métro
pour aller à la Gare. Arrivé là-bas j’ai eu la triste surprise
d’assister à une réunion d’extrême droite. Buvant un flot de paroles
immondes, une quarantaine de néo-nazis étaient sous le panneau
d’affichage face à leur orateur entouré de ses deux gorilles. Yvan
Benedetti, ex-bras droit de Bruno Gollnich et dirigeant de l’Oeuvre
Française (http://www.oeuvrefrancaise.com/), s’est pris pour un gourou
parlant à ses adeptes, le doigt levé et le regard haineux. Fortement
soutenus par son public à base de slogans « La France au Français »,
« Bleu-blanc-rouge : non aux étrangers », il a remis ouvertement en
cause le « laxisme des dirigeants socialistes » et la présence de
ministres étrangers au gouvernement (le nom de la garde des sceaux
Christina Taubira a été cité). J’avoue que sous le choc je n’ai pu
retenir que peu de bribes du discours de Yvan Benedetti, qui était
clairement écrit pour choquer et montrer la force de frappe de l’extrême
droite à Lyon. M Benedetti et ses acolytes ont pût se permettre de crier
« Mort à Israël » rappelant leurs inspirations antisémites. Déjà honteux
de découvrir qu’un lieu public puisse être souillé par la présence de
tel slogans les personnes autour de moi ce sont sentis désemparé et
surtout impuissantes. Que faire face à des colosses à la tête vides prêt
à frapper quiconque les remettants en cause ? On a pu sentir alors un
malaise et une certaine peur chez les personnes autour de moi, les plus
courageux lançant de fébriles insultes face à la porté de voix de 100
kilos de graisse d’un crâne rasé. En effet, l’intimidation est et
restera l’arme du néo-nazi : lunettes noirs, vêtements noirs, tatouages
et Rangers noirs (qu’est ce qu’ils sont contre les gens à la peau
noire ? Je rêve d’un skin aux couleurs d’Elmer l’éléphant). Aujourd’hui
ils ont eu leur minutes de gloires il faut l’avouer, regroupé ce sentant
plus fort face à nos dégoûts silencieux. Pourtant la présence de CRS et
d’officiers de la BAC auraient dû nous mettre en confiance...au
contraire ces derniers ont d’abord brillé par leur passivité. La preuve,
c’est que j’ai découvert leur présence qu’au bout de cinq minutes.
Entourant la scène et pourtant plus nombreux que les skins il a fallu
que je leur demande la raison de leur calme pour comprendre qu’ils
attendaient un acte de violence de la part des skins pour intervenir.
Ça n’a pas loupé, une jeune fille s’est insurgé plus que la plupart
d’entre nous en se plaçant face au groupe et les insultants tandis qu’il
scandait leurs slogans racistes. Après avoir tenté une baffe vaillante
(bravo la miss) vers le visage de l’un d’entre eux
(http://www.youtube.com/watch ?v=pyffpBL_39o), l’atmosphère s’est vite
réchauffée et les policiers nous ont conseillés de s’écarter. Rien à
redire cette fois ils ont été réactifs et en quelques minutes ont
encerclés les militants créant ainsi un périmètre de sécurité pour les
voyageurs. C’est par ce moyen qu’ils ont pût contenir les manifestants.
Je suis resté environ trente minutes filmant et assistant à la scène
avant de prendre mon train, apparemment la presse rapporte que les
militants néo-nazis auraient tenté de forcer le barrage obligeant les
forces de l’ordre à user de lacrymo. Dommage, c’est pas le meilleur
moyen de leur faire ouvrir les yeux (haha...).
Voilà pour la description de la scène, maintenant essayons de passer
outre la nausée que m’a inspiré cette scène. Sur place et en revoyant
les images je me suis posé plusieurs questions. Sous le choc, la
première : mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Comment ont-ils pût entrer ?
L’orateur nous a vite fait comprendre que lui et ses comparses étaient
victime d’une injustice (ben tiens), bâillonné, privé de la liberté
d’expression au regard des étrangers qui peuvent manifester librement
(une manifestation de soutien à la Syrie avait lieu aujourd’hui). La
manifestation contre la « préférence anti-nationale et le racisme
anti-blanc » organisée par Les Jeunesses nationalistes n’a pas été
autorisé par la Préfécture de peur des débordements. En réaction à cette
décision Les Jeunesses Nationaliste et l’Oeuvre Française ont donc
décider de s’approprier la Part-Dieu -ce qui n’avait jamais été fait
pour l’instant- pour faire un coup de force. La suite de leur petite
sauterie a fini cependant par 69 interpellations tandis que d’autres
manifestaint dans leur quartier de St Jean.
A ce jour, les manifestations d’extrême droite sont resté épisodiques à
Lyon mais on sent une présence de plus en plus revendiquée. La preuve en
est les chiffres du 1^er Tour des Présidentielles à Lyon avec 9,87 %
pour Marine Le Pen qui réfute tout rapprochement de son parti à des
agissements pareils. C’est peut-être l’explication de l’absence à la
Part-Dieu du leader des Jeunesses Nationalistes Alexandre Gabriac (ex-FN
exclu du parti pour avoir été pris faisant le salut nazi) qui n’a pas
vraiment d’ajouter de bavures à son palmarès.
Mon second étonnement a été l’influence qu’a eu ce groupe dans un lieu
public : peu de personnes ont osé se révolter malgré la présence d’une
mixité sociale importante à la Part-Dieu. Tout le monde semblait
atterré. Malheureusement certaines réactions étaient complétement
ahurissantes ; j’ai entendu deux filles passer et dire « On s’en bats les
couilles de la France tfaçon vive l’Algérie ». Tandis que une fois dans
le train les gens en parlait comme si c’était normale.
Bref, le dégoût, la nausée, ça fait peur d’être lyonnais."
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