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un autre regard

Blog de la section du parti communiste de l'agglomération d'Elbeuf

Témoignage : L'extrême-droite lyonnaise occupe la Part-Dieu le 23 Juin 2012 : discours, slogans racistes et antisémites au programme.

Publié le 25 Juin 2012 par PCF ELBEUF in coups de gueule

 

‎"Si vous étiez à Part-Dieu vers 14h40 aujourd’hui vous auriez pu avoir

l’horreur d’assister aux déchaînements racistes des plus honteux des

plus à droites de nos « concitoyens ». J’avais déjà remarqué une

présence louche type béret, Rangers et t-shirt Lonsdale dans le métro

pour aller à la Gare. Arrivé là-bas j’ai eu la triste surprise

d’assister à une réunion d’extrême droite. Buvant un flot de paroles

immondes, une quarantaine de néo-nazis étaient sous le panneau

d’affichage face à leur orateur entouré de ses deux gorilles. Yvan

Benedetti, ex-bras droit de Bruno Gollnich et dirigeant de l’Oeuvre

Française (http://www.oeuvrefrancaise.com/), s’est pris pour un gourou

parlant à ses adeptes, le doigt levé et le regard haineux. Fortement

soutenus par son public à base de slogans « La France au Français »,

« Bleu-blanc-rouge : non aux étrangers », il a remis ouvertement en

cause le « laxisme des dirigeants socialistes » et la présence de

ministres étrangers au gouvernement (le nom de la garde des sceaux

Christina Taubira a été cité). J’avoue que sous le choc je n’ai pu

retenir que peu de bribes du discours de Yvan Benedetti, qui était

clairement écrit pour choquer et montrer la force de frappe de l’extrême

droite à Lyon. M Benedetti et ses acolytes ont pût se permettre de crier

« Mort à Israël » rappelant leurs inspirations antisémites. Déjà honteux

de découvrir qu’un lieu public puisse être souillé par la présence de

tel slogans les personnes autour de moi ce sont sentis désemparé et

surtout impuissantes. Que faire face à des colosses à la tête vides prêt

à frapper quiconque les remettants en cause ? On a pu sentir alors un

malaise et une certaine peur chez les personnes autour de moi, les plus

courageux lançant de fébriles insultes face à la porté de voix de 100

kilos de graisse d’un crâne rasé. En effet, l’intimidation est et

restera l’arme du néo-nazi : lunettes noirs, vêtements noirs, tatouages

et Rangers noirs (qu’est ce qu’ils sont contre les gens à la peau

noire ? Je rêve d’un skin aux couleurs d’Elmer l’éléphant). Aujourd’hui

ils ont eu leur minutes de gloires il faut l’avouer, regroupé ce sentant

plus fort face à nos dégoûts silencieux. Pourtant la présence de CRS et

d’officiers de la BAC auraient dû nous mettre en confiance...au

contraire ces derniers ont d’abord brillé par leur passivité. La preuve,

c’est que j’ai découvert leur présence qu’au bout de cinq minutes.

Entourant la scène et pourtant plus nombreux que les skins il a fallu

que je leur demande la raison de leur calme pour comprendre qu’ils

attendaient un acte de violence de la part des skins pour intervenir.

 

Ça n’a pas loupé, une jeune fille s’est insurgé plus que la plupart

d’entre nous en se plaçant face au groupe et les insultants tandis qu’il

scandait leurs slogans racistes. Après avoir tenté une baffe vaillante

(bravo la miss) vers le visage de l’un d’entre eux

(http://www.youtube.com/watch ?v=pyffpBL_39o), l’atmosphère s’est vite

réchauffée et les policiers nous ont conseillés de s’écarter. Rien à

redire cette fois ils ont été réactifs et en quelques minutes ont

encerclés les militants créant ainsi un périmètre de sécurité pour les

voyageurs. C’est par ce moyen qu’ils ont pût contenir les manifestants.

Je suis resté environ trente minutes filmant et assistant à la scène

avant de prendre mon train, apparemment la presse rapporte que les

militants néo-nazis auraient tenté de forcer le barrage obligeant les

forces de l’ordre à user de lacrymo. Dommage, c’est pas le meilleur

moyen de leur faire ouvrir les yeux (haha...).

 

Voilà pour la description de la scène, maintenant essayons de passer

outre la nausée que m’a inspiré cette scène. Sur place et en revoyant

les images je me suis posé plusieurs questions. Sous le choc, la

première : mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Comment ont-ils pût entrer ?

 

L’orateur nous a vite fait comprendre que lui et ses comparses étaient

victime d’une injustice (ben tiens), bâillonné, privé de la liberté

d’expression au regard des étrangers qui peuvent manifester librement

(une manifestation de soutien à la Syrie avait lieu aujourd’hui). La

manifestation contre la « préférence anti-nationale et le racisme

anti-blanc » organisée par Les Jeunesses nationalistes n’a pas été

autorisé par la Préfécture de peur des débordements. En réaction à cette

décision Les Jeunesses Nationaliste et l’Oeuvre Française ont donc

décider de s’approprier la Part-Dieu -ce qui n’avait jamais été fait

pour l’instant- pour faire un coup de force. La suite de leur petite

sauterie a fini cependant par 69 interpellations tandis que d’autres

manifestaint dans leur quartier de St Jean.

 

A ce jour, les manifestations d’extrême droite sont resté épisodiques à

Lyon mais on sent une présence de plus en plus revendiquée. La preuve en

est les chiffres du 1^er Tour des Présidentielles à Lyon avec 9,87 %

pour Marine Le Pen qui réfute tout rapprochement de son parti à des

agissements pareils. C’est peut-être l’explication de l’absence à la

Part-Dieu du leader des Jeunesses Nationalistes Alexandre Gabriac (ex-FN

exclu du parti pour avoir été pris faisant le salut nazi) qui n’a pas

vraiment d’ajouter de bavures à son palmarès.

 

Mon second étonnement a été l’influence qu’a eu ce groupe dans un lieu

public : peu de personnes ont osé se révolter malgré la présence d’une

mixité sociale importante à la Part-Dieu. Tout le monde semblait

atterré. Malheureusement certaines réactions étaient complétement

ahurissantes ; j’ai entendu deux filles passer et dire « On s’en bats les

couilles de la France tfaçon vive l’Algérie ». Tandis que une fois dans

le train les gens en parlait comme si c’était normale.

 

Bref, le dégoût, la nausée, ça fait peur d’être lyonnais."

 

 

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