Les communistes de Seine-Maritime pensent que la situation actuelle en mouvement, constitue un espace à investir pour créer une dynamique pour faire, en 2012, une présidentielle « pas comme les autres ».
La crise, ses répercussions économiques, sociales, politiques, et y compris guerrières, la France étant engagée dans plusieurs conflits, impactent en effet en profondeur le contexte des échéances de 2012.
La contestation du capitalisme, exprimée dès 2005, s’est fortement renforcée en 2008, lors du mouvement social de 2009 porteur de « la crise, c'est eux ; la solution, c'est nous », l’'immense résistance à la réforme des retraites jusqu’aux mobilisations contre la casse de l'éducation nationale, la casse de l’industrie, celle de la protection sociale ou les exigences fortes en matière de salaires et de pouvoir d'achat, conjugués à la contestation des plans d'austérité en Europe, aux révolutions arabes, … par bien des aspects, la situation appelle un débat de société, de civilisation, en conjuguant propositions destinées à changer la vie, dès maintenant, et visée d'un monde libéré de la dictature des marchés financiers.
Les communistes portent cette ambition. Elle constitue leur originalité et le fondement-même de leur engagement. Dans une échéance majeure pour notre pays, au moment où la crise du capitalisme et les attentes populaires qu'elle suscite en renforce la pertinence, cette visée communiste a tout lieu d'être portée avec une ambition renouvelée. Tout en développant des initiatives rassembleuses, en particulier un large front de gauche, auquel les communistes réaffirment leur attachement.
L’expérience douloureuse de la crise comme les réformes destructrices du pouvoir, ont créé une majorité. Une majorité qui veut que la France change de cap. Le Front de Gauche doit répondre à cette aspiration au rassemblement du peuple de gauche et impulser une dynamique irriguant la gauche tout entière, en mettant le contenu du changement au cœur du débat. Faute de quoi la présidentielle risque de se résumer à « sortir » Sarkozy, et le score du candidat du Front de Gauche, quel qu'il soit, de demeurer dans le même étiage que ceux des candidats communistes en 2002 et en 2007. D'autant que nombre d'électeurs de gauche veulent, à juste titre, faire reculer le Front National.
Dans ce contexte, beaucoup de communistes regrettent que la candidature à la présidentielle semble primer sur le message à porter dans cette échéance, renforçant, de fait, le présidentialisme de la Vème République, et contredisant notre volonté de faire du contenu de la politique à promouvoir l'élément essentiel de notre choix.
Sacrifices pour le peuple, profits pour la finance : assez ! L'humain d'abord ! Telle devrait être l'idée force du programme partagé qui doit être « charpenté » par un objectif politique affirmé. (…) Les propositions déclinées doivent également être mieux articulées avec les préoccupations populaires et les exigences exprimées dans les mouvements sociaux récents ou actuels. Ainsi la question des salaires et du pouvoir d'achat devrait-elle être prioritaire dans ce programme.
Forts de leur expérience et du rôle de leurs 3 parlementaires, les communistes de Seine-Maritime mesurent l'enjeu de bien articuler présidentielle et législatives, pour affronter l'inversion du calendrier électoral qui place les législatives deux mois à peine après la présidentielle.
Ils considèrent ainsi que la question de la majorité politique à constituer à l'horizon 2012 doit être placée au cœur du débat public : pour la confronter au rejet massif de la politique de Sarkozy et de la droite, et au doute grandissant quant à un « homme (ou une femme) providentiel-(le) » à même de relever les défis auxquels notre société et le monde sont confrontés ; pour être travaillée par un débat exigeant sur la nature des changements à mettre en œuvre et les forces à mobiliser pour que la politique reprenne la main sur les marchés financiers ; pour en appeler à un front et une majorité de gauche combatifs, déterminés, larges et divers, en phase avec les exigences populaires en rupture avec la politique de la droite et pour construire une alternative aux options social-libérale.
Les communistes de Seine-Maritime travaillent donc sur les législatives en réfléchissant aux « candidats maximum », pour une majorité politique bien ancrée à gauche, pour apporter des réponses à la crise. Ils tiennent particulièrement à ce que chaque composante du Front de Gauche apporte une plus-value dans le rapport de forces politique et s'efforce, comme le fait le PCF, de gagner des positions électorales, plutôt que de considérer les positions occupées par les communistes comme « à partager ». Avec esprit de suite, ils entendent aussi préparer les échéances de 2014, avec la volonté conquérante qui les caractérise. Les communistes de Seine-Maritime entendent donc que les accords avec les partenaires du Front de Gauche soient réalisés sur cette base.
Ils attendent de la conférence nationale qu'elle approfondisse le débat sur l'ensemble de ces questions, en prêtant la plus grande attention à l'ensemble des hypothèses émises par des communistes qui cherchent à être le plus utiles possibles à leur peuple.
Ils attendent également que la conférence nationale permettent aux communistes de s'exprimer démocratiquement, lors du vote des 16, 17 et 18 Juin, sur les différentes options en débat concernant leur candidature à la présidentielle : l'hypothèse d'une candidature PCF portée par André Gerin et Emmanuel Dang Tran ; l'hypothèse d'une candidature du Front de Gauche portée par le communiste André Chassaigne ; l'hypothèse d'une candidature du Front de Gauche portée par Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche.
Ces deux derniers candidats portent des conceptions différentes du Front de Gauche et il semble indispensable aux communistes de pouvoir en débattre, dans leur propre parti et avec leurs partenaires. C'est d'autant plus nécessaire que de nombreux communistes ont abordé le débat sur les échéances de 2012 avec le sentiment d'être mis devant « le fait accompli », notamment sur la candidature à la présidentielle. Cette situation suscite du mécontentement et fait courir des risques sur la mobilisation dans les campagnes, présidentielle et législatives, alors même que la force militante et créative du Parti Communiste Français en est l'essentiel moteur.
C'est la qualité de cette réflexion et de ce débat qui détermineront l'avenir du Front de Gauche, dont tous les communistes conviennent qu'il ne peut demeurer en l'état pour répondre aux enjeux, sans se transformer en parti politique Et c'est à leur capacité à agir efficacement pour faire avancer la volonté de changement de notre peuple que l'utilité des communistes sera appréciée.
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