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Blog de la section du parti communiste de l'agglomération d'Elbeuf

Paris-Normandie : Le salarié qui s'est suicidé à l'usine de Renault Cléon dénonce des "pressions" dans une lettre

Publié le 24 Avril 2013 par PCF ELBEUF in Articles

Un salarié de Renault s’est suicidé dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 avril sur son lieu de travail à l’usine de Cléon (Seine-Maritime), laissant une lettre dans laquelle il dénonce «pression» et «chantage» de la part du groupe, a-t-on appris ce mardi 23 avril auprès de la CGT.

 

Agé de 35 ans et père de deux enfants, ce mécanicien qui travaillait de nuit, a été retrouvé pendu lundi au petit matin sur le site, où il était employé depuis 2000, a précisé Pascal Le Manach, délégué syndical CGT.

 

«Il a laissé sur place deux lettres, l’une pour sa famille et l’autre à l’attention de la direction, dans laquelle il dénonce les pressions», a dit le syndicaliste.

 

Dans ce second courrier, l’ouvrier a écrit selon cette source : «Merci Renault. Merci ces années de pression, chantage au nuit. Où le droit de grève n’existe pas. Ne pas protester sinon gare. La peur, l’incertitude de l’avenir sont de bonne guerre, paraît-il ? Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos», allusion à Carlos Ghosn, le PDG du groupe.

 

La salarié, «excellent ouvrier» et «non-syndiqué», «faisait l’objet de pressions de la direction depuis qu’il avait pris activement part aux grèves contre le projet d’accord compétitivité-emploi cet hiver», a précisé M. Le Manach.

 

«La direction l’avait notamment menacé de le faire redescendre en équipe (de jour), avec une perte financière très importante à la clé», a ajouté le syndicaliste.

 

La CGT a demandé la tenue lundi d’un Comité d’hygiène et de sécurité exceptionnel «pour montrer la responsabilité de Renault dans ce décès», a-t-il dit.

 

Le parquet de Rouen, qui a confirmé la découverte de deux lettres, a de son côté précisé avoir ouvert une enquête en «recherche des causes de la mort» à la suite de ce suicide survenu «sur le lieu de travail et pendant les heures de travail».

 

La direction du site n’a pu être immédiatement jointe en fin d’après-midi mardi 23 avril.

 

Le site de Renault-Cléon, spécialisé dans la fabrication de moteurs et de boîtes de vitesse, emploie environ 4.000 salariés dans une ambiance qualifiée par la CGT de «plus en plus difficile», notamment depuis la mise en place de l’accord compétitivité-emploi par M. Ghosn.

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