Pourquoi un 8 mars ?
Pourquoi chaque année dédiée cette journée aux droits des femmes ?
Pour certains, et certaines, le combat féministe paraît d'arrière-garde. Une sorte de folklore militant, un rendez-vous annuel des nostalgiques du MLF des années 70.
Pour d'autres, très nombreux, ce 8 mars est synonyme de "fête des femmes", comme il y a une fête des mères, des pères ou des grands-mères. Vous savez, ce jour où on peut entendre "Laisse chérie, aujourd'hui c'est moi qui fait la vaisselle !". Vous me direz c'est déjà pas mal ! Pour certaines c'est parfois "Laisse chérie, la vaisselle tu la feras demain !".
Ce 8 mars devient alors une journée de la bonne conscience, une volonté de prouver que la société n'est pas si sexiste puisque les femmes ont leur journée. C'est ainsi qu'on peut s'offusquer à bon compte des conditions des femmes dans le reste du monde. On pointe un doigt accusateur vers la mysogynie étrangère en se détournant de celle qui traverse notre société...car, après tout, il y a pire ailleurs.
"Il y a pire ailleurs !". Combien de fois un militant, quelque soit sa cause, n'a pas entendu cette expression ? Une expression qui clôt une bonne fois pour toute un débat qui ne peut se poursuivre. Une expression qui porte en elle le germe du renoncement, de l'acceptation ou pire de la justification.
Pourtant, ce 8 mars n'a de sens que s'il est contextualisé. Où en est-on dans l'égalité des sexes ?
En 1946, la loi instaurant la différence de salaire entre les hommes et les femmes est abrogée. 68 ans plus tard, cette égalité de salaire n'est toujours pas acquise !!!
Voilà le contexte. En dehors des discours teintés de plus ou moins bonnes intentions, notre société est-elle égalitaire ?
L'année 2013, à elle-seule, montre que le combat pour l'égalité des sexes n'est jamais terminé. L'Histoire n'est pas un processus, plus ou moins long, qui tend vers un but et un seul. La conquête de droits nouveaux n'est pas un phénomène linéaire. Ce qui a été gagné peut être perdu. Les dangers qui pèsent sur l'IVG, en Espagne, en France ou plus généralement en Europe, en sont un cinglant rappel.
Aujourd'hui, des voix s'élèvent pour dénoncer l'égalité des sexes. On prétend que l'inégalité entre les hommes et les femmes est biologique donc naturelle. On travestit les études portant sur les inégalités des genres en les nommant indument "théorie des genres". On agite le spectre d'un complot LGBT qui voudrait détruire l'hétérosexualité et menacer ainsi la perennité de notre société.
Mais, l'égalité des sexes, c'est beaucoup plus simple : il s'agit de faire en sorte que le genre ne soit jamais vécu comme une fatalité.
Pour revenir à cette journée du 8 mars, il n'est pas trop d'une journée par an pour inetrroger SON monde...la société bien sûr mais également son quotidien. Une journée pour ouvrir les yeux, franchement, il serait difficile de trouver cela superflu.
En ce qui concerne la société, les documents ci-dessous (provenant de l'observatoire des inégalités) permettent de faire un état des lieux.
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Femmes-hommes, l'égalité en action
Un état des lieux des inégalités entre les femmes et les hommes en France et en Europe. Extrait du hors-série poche n°63 d'Alternatives Economiques. Les chiffres clés des femmes en Europe Si ...
http://www.inegalites.fr/spip.php?article1901&id_groupe=15&id_mot=103&id_rubrique=114
/http%3A%2F%2Fwww.alternatives-economiques.fr%2Fpics_bdd%2Fproduit_visuel%2F1378218467_001_CV_HSP63.jpg)
Femmes-hommes, l'égalité en action
Editorial Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ? Les femmes ont le droit de vote depuis 70 ans, peuvent ouvrir un compte en banque ou travailler sans l'autorisation de leur mari depuis cinq ...
http://www.alternatives-economiques.fr/femmes-hommes--l-egalite-en-action_fr_pub_1231.html
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