Lors de l'annonce de cette candidature, nous avions réagi sur ce blog en nous étonnant de la possibilité de se présenter sous les couleurs du Front National tout en se revendiquant de la CGT.
Le Front National ne défend pas la classe ouvrière. Il l’utilise, la divise, tente de la séduire dans une danse macabre rythmée de fausses promesses.
Pour nous, il existe une antinomie basée sur les valeurs prônées par ces deux formations : un syndicat qui prône l'humanisme et l'universalisme face à la sauvagerie d'un libéralisme mondialisé, et une formation politique qui base son discours sur les divisions, les suspicions, les rejets, en alimentant les peurs les plus primaires...et en souhaitant la mort des syndicats.
Certains, dont le Front National, s'émouvront de cette éviction qui apparaîtrait anti-démocratique et intrusive dans le droit de tout citoyen de soutenir la formation politique qu'il souhaite, dans une démarche personnelle qui ne regarderait que lui-même.
Et ils auront bien raison ! Le pluralisme est la pierre angulaire de notre démocratie.
On peut regretter la schizophrénie dont fait preuve M. Goury. On peut dénoncer l'inconsistance de ses prises de position. Mais cette incohérence ne sera pas à l'origine de son éviction.
Lors de la présentation de sa candidature, il a lui-même mis en avant son appartenance syndicale (cf. article du site départemental du FN qui indique en titre cette appartenance). Il a sciemment utilisé celle-ci à des fins électoralistes et, de ce fait, a fait entrer le syndicat dans la campagne municipale (ou plutôt la campagne municipale dans le syndicat).
Or, cette attitude est interdite par toutes les formations syndicales se réclamant de la charte d'Amiens (que M. Goury cite d'ailleurs abondamment sans l'appliquer dans l'esprit).
Et, comme si cela ne suffisait pas, les statuts de la CGT, qu'il a lui-même accepté en adhérant, enfoncent le clou dans son article 6 ("Nul ne peut se servir de son titre de confédéré ou d’une fonction confédérale dans un acte politique ou électoral extérieur à l’organisation.")
C'est cette attitude qui est sanctionnable !
En tant que formation politique, nous ne pouvons rester sans réagir quand un parti concurrent s'affranchit aussi ouvertement des règles du jeu démocratique, en instrumentalisant des syndiqués libres et autonomes et en jouant les vierges effarouchées quand il est pris la main dans le sac.
En réagissant aujourd'hui, mon objectif n'est pas de venir au soutien d'un syndicat qui n'en avait de toute façon pas besoin, mais de tordre le cou à une volonté de victimisation d'un FN par ailleurs coupable.
Je comprends l'irrésistible envie d'afficher ses "prises de guerre". Mais un parti, par habitude si prompt à donner des leçons de déontologie politique, aurait dû savoir que les règles sont faites pour être appliquées par tous et partout.
Et si les règles du syndicat posent problème à M. Goury, il peut sans problème quitter la CGT. La campagne s'en trouverait apaisée et on pourra enfin débattre de "vrais" sujets !
Les habitants d'Elbeuf lui en seraient reconnaissants.
Pour le PCF d'Elbeuf,
Emmanuel Tritz
capture d'écran du blog du FN76 (repris tel quel sur le site national du FN)
Charte d'Amiens
statuts de la CGT
/image%2F0564544%2F20140521%2Fob_db1e7d_images.jpeg)