Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
un autre regard

Blog de la section du parti communiste de l'agglomération d'Elbeuf

Indemnisation des chômeurs : la question mérite un débat de qualité

Publié le 17 Janvier 2014 par PCF ELBEUF in infos

Ce jour, Paris-Normandie lance un sondage dont l'intitulé est : "Faut-il diminuer le montant des assurances chômage ?".

Le propos n'est pas de débattre de la pertinence, pour un organe de presse, de poser une telle question sans l'alimenter d'arguments permettant de se faire un avis éclairé.

Il est, certes, dommage qu'un journal se complaise dans la discussion de comptoir...mais après tout, chacun est maître dans sa définition de la déontologie journalistique.

Ce qui est dommageable pour notre société, dans son assise solidaire, est, qu'à force de tels sondages, s'immisce dans l'inconscient collectif l'idée que le problème c'est l'autre.

Le "vivre ensemble" disparaît au profit du "un contre tous-les-supposés-nuisibles".

On peut par la suite pousser des cris de vierge effarouchée devant les dérives d'un Dieudonné expert es-quenelles. Mais, de tels sondages ne font que pervertir les débats sociaux en alimentant, de fait, les communautarismes.

Aujourd'hui, le chômeur est accusé de tous les maux. Et demain, à qui le tour ?

 

Ce jour, l'Humanité sort un article sur l'indemnisation des chômeurs. Pas de sondage, mais une analyse loin des faux-semblants et des avis pré-mâchés.

 

Un conseil, que vous suivrez ou pas : lisez l'article de l'Humanité et, seulement après, répondez au sondage de Paris-Normandie.

Et si vous n'avez pas le temps, lisez l'article et laissez tomber le sondage. C'est peut-être d'ailleurs ce qu'il y a de mieux à faire.

 

Publicité
© l'Humanité

© l'Humanité

Moins d’un chômeur sur deux est indemnisé

 

Ce vendredi s’ouvrent les négociations sur l’assurance chômage etle patronat fait planer l’idée d’une réduction des allocations, alors qu’à peine la moitié des demandeurs d’emploi les perçoivent.

Le Medef ne serait pas contre un coup de rabot sur les droits des chômeurs. Pourtant, d’après les statistiques du ministère du Travail, en novembre, sur 5,5 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi, seuls 2 647 300 sont indemnisés. Parmi eux, 2,2 millions le sont via l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) et 454 200 par l’allocation spécifique de solidarité (ASS). Au total, la part des demandeurs d’emploi qui perçoivent une allocation est de 47,9 %, soit moins d’un sur deux. Un chiffre en baisse. Il y a dix ans, le taux de couverture était de 54 %. Sans compter que les statistiques du ministère du Travail ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les chômeurs non inscrits à Pôle emploi ne sont pas ici visibles. Pour prétendre à l’allocation chômage, il faut avoir travaillé quatre mois dans les 28 derniers mois. Quand les chômeurs ont épuisé leurs 24 mois d’indemnisation maximale, ils basculent théoriquement dans les minima sociaux.

En 2013, plus d’un million de chômeurs devraient sortir de l’assurance chômage à la fin de leurs droits. « Entre 2009 et 2012, le nombre de chômeurs en fin de droit a augmenté de 15 % », notait dans le Figaro Pierre Cavard, directeur études et analyses à l’Unedic. Nombre d’entre eux arrivent plus rapidement en fin de droits à cause de la précarité. L’alternance entre missions d’intérim ou CDD et période de chômage réduit en effet la durée d’indemnisation. Alors que l’allocation chômage représente en moyenne 72 % du salaire net et va jusqu’à 78 % pour un salarié au Smic, soit 886 euros, le passage au RSA, revenu de solidarité active, ou à l’ASS, l’allocation spécifique de solidarité, se traduit par une importante perte de revenu.

Le montant de l’ASS plafonne à 644 euros pour une personne seule et le RSA, à 499 euros. Et percevoir ces allocations exige de remplir certains critères. Elles ne sont pas un droit individuel, mais sont calculées en fonction des revenus du foyer. Si son conjoint gagne bien sa vie, le chômeur ne pourra prétendre au RSA ou recevra une indemnité plus faible. Idem pour les allocataires de l’ASS, où il faut en plus justifier de cinq années d’activité sur les dix dernières années. Des conditions d’attribution contraignantes et des faibles montants qui posent la question d’un élargissement des bénéficiaires de l’assurance chômage.

 

Cécile Rousseau

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité